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Chapitre 06 : Au Pied
Harry était rentré depuis deux jours à Londres. Avec Ron et Blaise, ils avaient dû reprendre leur enquête. Dans la journée, il était on ne peut plus occupé mais une fois revenu au Square Grimmaud c'était plus calme. Quand il n'était pas invité par Ron et Hermione en compagnie de Blaise et son actuelle petite amie, Elisa, il s'ennuyait ferme chez lui. De plus, les récriminations de Kreattur et de la vieille Black le fatiguait. Il s'ennuyait tant qu'il ne pouvait empêcher ses pensées de vagabonder vers son doux Topaze. Le mystère qui l'entourait l'exaspérait autant que son obstination à se dire vierge. Il avait parfois l'air si sincère que l'inquiétude prenait Harry. Il se demandait, si son amant disait vrai, s'il arriverait à contenir son impatience quand viendrait le moment de le dépuceler. En attendant, il était invité le lendemain par la famille Weasley au grand complet.
Cinq jours, cela faisait cinq jours qu'il n'avait pas eut de nouvelles et quand enfin, il en avait, il avait l'impression d'être un chien, ou une chienne dans son cas, à qui l'on disait de venir "Au Pied" de son Maître. Drago se sentait vraiment mal. Si son père le voyait. Toute son arrogance avait disparu. Depuis des mois, des semaines et des jours, il avait du boire sa honte jusqu'à la lie. Le temps n'était plus à la colère ou aux pleurs, le temps était venu à la résignation. En fait, ce qui l'ennuyait le plus c'est qu'il risquait de devoir mettre ses études en attente tant que Harry voudrait de lui. Ce qui l'exaspérait aussi c'est que Harry l'avait laissé comme cela cinq jours entiers sans nourriture et sans s'inquiéter de son devenir.
Heureusement qu'il avait pu travailler et que son patron très content de son travail l'ait augmenté. Néanmoins, sans balai, il avait voulu maintenir une certaine activité physique et était allé travailler à pied jusqu'au village. Hélas, il pleuvait chaque jour et les bourrasques de vent le frigorifiaient. C'était donc dans un grand état de fatigue et tout grelottant qu'il avait vu venir la vieille chouette de Harry, Hedwige. Drago, tout en ouvrant sa missive, se demandait quel âge avait le vieil animal et s'étonnait d'une telle longévité. Ainsi, Harry le "convoquait" afin qu'il rejoigne son domicile à Londres. Il avait fait raccorder la cheminée du Cottage à celle du Square Grimmaud et lui avait joint de la poudre de cheminette.
Drago arriva à Londres éreinté et fiévreux sans son "maître" pour l'accueillir. Kreattur le harangua et l'insulta tandis que le doux Dobby dévisagea ses traits tirés.
- Monsieur TOPAZE va bien ? Dobby s'inquiète de la santé de Monsieur Topaze !
Alors que Drago venait de s'asseoir dans le canapé, l'elfe monta dessus et mis sa main sur son front.
- Monsieur Topaze a de la fièvre ! Dobby va lui chercher une potion !
- Non, Dobby, je vais bien, ne t'inquiètes pas !
- Harry Potter ne serait pas content si Monsieur Topaze tombait malade, non pas content. Harry Potter est un sorcier très gentil mais il s'inquiète toujours pour ceux qu'il aime et Harry Potter a bien dit à Dobby de prendre soin de Monsieur Topaze.
- Ceux qu'il aime ?
- Oui, Monsieur Topaze, le Maître était très impatient de votre arrivée. Très !
- C'est vrai ?
Avant même que l'elfe puisse lui répondre, une toux rauque provenant de la poitrine du jeune homme se fit entendre. Ce fut ce moment-là que choisit Harry pour rentrer.
- Topaze ? Tu vas bien ?
- Hein ? Je vais bien ? Je vais bien ? C'est maintenant que vous vous inquiétez de moi ? Cinq jours, oui, cinq jours sans avoir de vos nouvelles ni nourriture ! J'ai été obligé de travailler pour pouvoir me nourrir !
- Quel travail ? Intervint Harry méfiant du passé de son amant
- C'est tout ce qui vous intéresse ? Je suis allé tous les jours au village pour travailler pour pouvoir m'acheter de quoi manger. J'y suis allé à pied parce que vous ne vouliez pas que de la magie soit détectée dans les parages du Cottage. J'y suis allé à pied parce qu'il n'y avait même pas un malheureux autre moyen de transport. Je suis allé TRA-VAIL-LER parce que je n'avais pas de NOURRITURE et que je suis pour vous moins qu'un OBJET !
- Ce n'est pas vrai ! Tu n'es pas un objet ! Et puis, j'ai fait le nécessaire pour que tu aies à manger, tu avais de quoi tenir un siège ! Et c'était quoi ce "travail" ?
- Il n'y avait rien ! Pas de nourriture ! Je ne suis peut être pas "respectable" à vos yeux mais mon "travail" l'était. Je vous déteste ! VOUS ENTENDEZ ! JE-VOUS-DETESTE ! Hurla t'il en se levant et se dirigeant vers Harry.
- TU VAS TE CALMER, TOPAZE !
Le visage furibond, Harry s'approcha alors de Drago d'un pas nerveux, l'attrapa par les épaules et le colla contre un mur.
- Si tu me connaissais mieux, tu saurais que je ne te veux AUCUN mal, je découvrirais pourquoi tu n'as pas eut ta nourriture mais…
L'auror avait appuyé chacun de ses mots. Drago le regarda dans l'attente de la suite.
- Je t'interdis dorénavant de me crier dessus !
- Je crois bien que si vous vous comportez toujours aussi mal avec moi je continuerais à vous hurler dessus.
- Pourquoi es-tu violent ?
- Violent ? C'est vous qui m'avez plaqué au mur, c'est vous qui me broyez les épaules ! Ce n'est pas cela de la violence ?
- Non, simple question de prudence ! C'est même plutôt agréable !
Drago fronça les sourcils quand Harry se plaqua encore plus à lui. Il put sentit que le bel auror commençait à avoir une érection dans son jean serré. Sous le regard ardent de son maître, Drago, encore en colère, reprit la parole.
- Je ne vous conseille pas de m'embrasser !
- Non ?
- Non !
Il soupira en regardant son amant.
- Tant pis ! Il sourit à Drago. Je n'ai jamais su écouter les conseils !
Dans la position où il se trouvait le pauvre Topaze ne pouvait rien faire. Il n'était pas en forme, plus frêle que Harry et ce dernier le plaquait contre un mur. Et malgré sa fièvre, son propre corps réagissait à la promiscuité avec le corps athlétique de l'auror. Ce dernier approcha ses lèvres de son bel éphèbe mais à peine avait-il posé sa bouche, ainsi que ses mains, sur le beau visage qu'il se recula.
- Mais tu es brûlant de fièvre ! Pourquoi ne t'es-tu pas soigné ?
- Je n'avais pas le temps, il fallait que je travaille !
- Qu'est-il arrivé à ce fichu Cottage, à la fin ?
- Je n'en sais rien mais vous ne seriez pas parti si vite et aussi longtemps, vous l'auriez découvert plus vite.
Harry le dévisagea. Il prit conscience que son futur amant avait vécu dans une complète solitude ces cinq jours. Il recula d'un pas.
- Je découvrirais ce qu'il s'est passé. Je te le promets. Si j'avais su ce que tu vivais, je serais revenu, tu dois me croire. Je ne te veux aucun mal !
Drago regarda Harry. Il savait que c'était un être bon et que nulle vraie méchanceté ne pouvait provenir de lui. Ne l'appelait-il pas Saint Potter, autrefois ? Ne se moquait-il pas de sa propension à toujours vouloir sauver les autres ? N'était-ce pas ainsi qu'il se retrouvait avec un esclave sexuel qu'il avait voulu protéger de la perverse Ombrage ? Drago lui sourit.
- Je suis un peu fatigué. J'ai vraiment envie de me reposer.
- Je vais t'emmener ! Dit Harry en commençant à l'enlacer.
Drago sentit son corps enfiévré réagir à une autre sorte de fièvre. Il fut passablement énervé par le comportement très protecteur de son maître.
- Je ne suis pas une petite chose fragile ! Je suis un homme et je peux monter tout seul ! Grogna-t'il faiblement.
A peine avait-il dit ces mots, qu'il sentit sombrer dans un puits sombre. Harry retint un Topaze évanoui contre lui. Il l'emporta alors dans ses bras. Pendant qu'il se dirigeait vers leur chambre, il contempla le beau visage pâle. Il se surprenait à s'attacher à "son" Topaze. Peut-être le garderait-il toujours ?
Mer 30 jui 2008
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